Merveilleuse soirée à la SMCQ

| 0 Commentaires

Hier soir, j'ai eu le bonheur d'entendre le premier concert de la nouvelle saison de la SMCQ. Intitulé Souffles, ce concert était le début d'une panoplie d'événements entourant le 50e anniversaire de carrière de Gilles Tremblay

Le concert débuta dans l'obscurité. Une lumière s'alluma hors scène et nous vîmes l'ombre d'un violoncelliste (Emmanuel Tremblay) qui se mit à jouer et chanter la première oeuvre, Salve Regina de Simon Bertrand. D'inspiration grégorienne, l'oeuvre fut suivie sans interruption par l'ensemble sous la direction de son directeur, Walter Boudreau, par l'interprétation de Et je reverrai cette ville étrange... du regretté Claude Vivier.

Ce collé/fondu fut très efficace et imaginatif. Plus de 25 ans après son décès, Vivier demeure une figure imposante dans le spectre musical québécois. 

Ont suivi trois oeuvres du célébré, Gilles Tremblay

Premièrement Souffles (Champs II), une oeuvre écrite en 1968. Ce qui est marquant est, premièrement, l'orchestration éclectique, comprenant 2 flûtes, un hautbois, une clarinette, un cor, 2 trompettes, 2 trombones, 2 percussions, piano et contrebasse. Il y a un jeu de stéréophonie intéressant, les deux paires de cuivres étant assises à droite et à gauche de la scène. Ce qui permit des échanges de sons qui se promenèrent de gauche à droite et vice versa. Tremblay possède une personnalité enjouée que l'on découvre dans des sections aléatoires, sous le contrôle du chef dans le cas présent. Maître Boudreau se déplaça de son pupitre pour faire un jeu d'échanges entre les joueurs, pointant à l'un, puis à l'autre, invitant chaque joueur à tour de rôle de participer avec une petite intervention. 

Après l'entracte, un trio encore plus éclectique se pointa pour nous présenter Triojubilus (de 1985) pour flûte, harpe et percussion, plus particulièrement dans ce cas un agrégat de 32 cloches à vaches. Encore une fois, Tremblay nous amène dans un monde sonore plein d'inventions. Des effets spéciaux de la flûte et de la harpe explorent plusieurs éléments d'intérêt pour le compositeur. Les interprètes explorent le silence, la spatialisation, des glissandos et un monde rythmique à la fois intrigant et envoutant. Les interprètes étaient Marie-Hélène Breault à la flûte, Valérie Milot à la harpe et la percussionniste Marie-Josée Simard aux percussions. Elles étaient des plus impressionnantes et méritaient bien l'ovation qu'elles ont reçue. 

La soirée fut clôturée par Vers (Champs III) de 1969 encore une fois de Gilles Tremblay. De retour sur le podium, Walter Boudreau mena ses forces d'une main habile, extirpant des sonorités encore une fois merveilleuses. M. Tremblay explique sa pièce comme suis : 

La majeure partie de cette oeuvre a été composée au printemps et est volontairement imprégnée par ce moment. D'où l'idée d'éveil, de croissance VERS... D'où également l'organisation formelle présidée par deux pôles : l'idée de croissance, associée en général aux soli, l'idée d'attraction de cette croissance (comme le fait le soleil dans notre constellation, tout le végétal tendu vers lui nous en est témoin), associée en général aux groupes.

Quant au sous-titre Champs III - après Champs I et Souffles (Champs II)-, il évoque surtout la technique musicale et poétique. Le mot est utilisé par analogie avec champ magnétique. Ici : champs harmoniques et de timbres, champs de durées, champs mélodiques, etc.

Tout honneur est dû à la SMCQ qui nous propose ces événements pour souligner la carrière de Gilles Tremblay. Je vous invite à visiter leur site pour plus d'information sur ces événements et bien pour des renseignements supplémentaires pour ce qui est de leur saison. Site de la SMCQ.  



SÉRIE HOMMAGE / Gilles Tremblay: à propos du concert d'ouverture de la SMCQ from smcq on Vimeo.

Laisser un commentaire

Notes récentes

Louis Babin et l'école FACE
Notre collègue, Louis Babin, est toujours au boulot sur un projet qu'il a entrepris pour l'école FACE. Vous pouvez suivre…
NetGeneration versus iGeneration, êtes-vous perdu?
Je viens de lire un article fort intéressant de Brad Stone, « The Children of Cyberspace: Old Fogies by their 20»…
Battre avec le temps
Il n'y a pas d'âge pour participer. …